31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 07:56

Troisième et dernière partie de mon reportage sur la création de ma première BD sortie cet été dans le recueil Disquette (éditions Dupuis). Voici d'ailleurs les liens vers la première et la seconde partie.

 

- PARTIE 3 : FINALISER LA PLANCHE -

 

 

Étape 1 : la typographie

 

Dans la série "rien n'est anodin" passons aux lettres qui composent le texte. Il m'est rapidement paru évident que je ne voulais pas utiliser une police de caractère standard pour écrire dans les bulles. Comme ces typos qu'on voit dans les traductions de Comics ou de Manga (je ne blame pas les traducteurs non plus). Il y a également de nombreux auteurs francophones qui utilisent ces polices pour faire simple et rapide. Mais moi en tant que lecteur ça me dérange si la typographie n'est pas "réaliste", si l'on sent la machine. Je n'aime pas quand deux lettres qui se suivent sont exactement pareilles. Un détail pour certains, mais voilà, la typographie est une discipline qui m'a toujours intéressé et quitte à faire une première BD, autant la faire à fond.

 

Il y a donc deux options : écrire chaque texte à la main (c'est bien mais c'est très long), ou créer une police de caractère perso et l'importer dans l'ordi. Loïc Mathonet, le dessinateur de #Lulu n'est pas un fondu de typo, je m'y collait donc. Faute de temps, j'ai choisi de créer d'une typo sur ordi. Il existe différentes offres gratuites pour faire ce type d'opérations, j'ai fini par choisir le site MyScriptFont.com, qui est simple d'accès et dont le résultat n'est pas si mal. On télécharge sur le site un template, on le remplit avec ses lettres déssinées et on récupère ensuite un fichier. Le seul défaut c'est que les bords sont un peu adoucis, on perd le côté net de certains angles. Pour une offre gratuite, c'est quand même déjà bien.

 

Making #Lulu - Partie 3

Vous remarquerez que j'ai seulement rempli certaines cases réservées auxc majuscules : c'est pour anticiper les répétitions de consonnes (tt, ss, nn, etc) : pour éviter que deux lettres qui se suivent soient identiques.

 

Enfin, en relisant Gaston Lagaffe j'avais remarqué que Franquin utilisait une typo spéciale lorsque les persnonages crient. Et moi je fais tout comme lui, alors je me suis fait une deuxième typo. Faut dire aussi que ça m'amuse beaucoup ce genre de choses alors je me suis fait plaiz.

 

Making #Lulu - Partie 3

Et ça n'est pas tout de fabriquer les lettres, il faut aussi décider de la mise en page des textes dans les bulles : taille, espacement entre les lettres, espaces interlignes, etc. Je vous l'ai déjà dit : RIEN n'est laissé au hasard. Voici un extrait de la petite notice d'utilisation de la typo LULU.

 

Making #Lulu - Partie 3

Étape 2 : la colorisation

 

C'est à ce moment qu'intervient Elvire De Cock (retrouvez tous ses travaux ici), une coloriste que m'ont présenté les équipes de Dupuis. Pour les personnages on avait déjà arrêté les couleurs des cheveux et des fringues. Pour ça il y a deux critères importants : la cohérence par rapport à la personnalité chacun et l'équilibre global entre tous les perso.

 

Il faut d'abord que les couleurs de chaque perso soit en accord avec ce qu'il dégage individuellement : si le personnage est timide (comme Lulu) il ne sera sûrement pas vêtu de couleurs vives, tandis que le violet est lui plutôt conseillé pour les personnalités complexes (comme celle d'Alice). Si vous vous intéressez au sujet il y a de très nombreux ouvrages sur la symbolique des couleurs dans les différentes cultures (on peut aussi en apprendre beaucoup sur le sujet en s'intéressant à la signification des drapeaux, bref je m'éloigne du sujet).

 

La cohérence globale est importante. Si tout le monde est en jaune où en bleu il y a problème. C'est ce que je me tue à expliquer à Peyo (le créateur des Schtroumpfs) mais il ne m'a jamais écouté. Bon là c'est un peu cliché je l'avoue, j'ai choisi d'avoir un châtain, un blond et une brune ; l'un habillé en bleu (couleur froide, introvertie et réfléchie), l'un en rouge (couleur chaude, extravertie et passionnée) et l'autre en violet (couleur intermédiaire et "dangereuse").

 

Voici les trois phases d'évolution des couleurs : d'abord mes recherches aux crayons, ensuite la version de Loïc avec ses ajustements, et enfin la version définitive par Elvire. Par ordre croissant de talent on va dire.

 

 

Making #Lulu - Partie 3

Vous remarquerez que Lulu a changé de t-shirt entre la première et la deuxième version. On voulait éviter qu'il ne ressemble trop à Samy de Scoubidou (on est jamais trop prudents, eh eh).

 

Pour tout le reste dela planche : décors, accessoires, personnages secondaires... on a laissé Elvire faire des propositions en suivant une sorte de charte graphique globale. Je lui avait préparé une note d'intention (voire un extrait juste en dessous) et au final tous ses choix ont été pertinents : je suis très content de la façon dont elle s'est approprié l'univers de #Lulu tout en y mettant sa griffe. Le résultat est vraiment très beau, en témoigne cet autre extrait avec la lumière qui sort de la chambre dans le couloir. Croyez moi ce n'est pas facile de gérer la lumière, demandez à Rembrandt.

Making #Lulu - Partie 3
Making #Lulu - Partie 3

Et voilà donc une planche finalisée, après de nombreuses heures de travail et de réflexion. Comme je vous le disais en préambule de ce reportage : bien que renseigné sur la question je ne m'attendais pas à autant de points à régler, autant d'aspects différents à prendre en compte.

 

Au final j'en retire un excellent souvenir, c'était passionnant de construire tout ça. C'était beaucoup de boulot mais je suis fier du résultat et je crois savoir que mes collègues aussi. Bien sûr il y a plein de choses que je voudrais amélorier maintenant que c'est publié, mais cela ne sert à rien de griller les étapes. Chaque chose à un début ; on ne devient pas Goscinny en 6 mois. D'ailleurs on ne devient pas Goscinny du tout - à moins d'être de porter ce nom de famille.

En tout cas j'espère avoir l'occasion de prolonger les aventures de #Lulu, surtout avec un trinôme d'enfer comme celui que nous avons créer pour ces trois premières planches ! Et la prochaine fois je m'y prendrais bien à l'avance !

 

Si vous vous intéressez à la création de bandes-dessinées et que vous souhaitez lire des gens qui s'y connaissent vraiment et pas un tocard débutant, je vous recommande chaleureusement les deux ouvrages suivants :

- Lewis Trondheim & Sergio Garcia, Bande dessinée : apprendre et comprendre.

- Philippe Vandooren, Fransuin / Jijé - Comment on devient créateur de bandes dessinées.

 

N'hésitez pas à me laisser vos impression dans les commentaires de ce blog, j'essaie de les lire régulièrement.

A bientôt !

 

Partager cet article

Publié par PV NOVA - dans Coulisses
commenter cet article
28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 10:05

Suite de nos aventures pour apprendre à lire entre les cases. Pour lire la première partie cliquez ici.

 

- PARTIE DEUX : FABRIQUER UNE PLANCHE -

 

 

Étape 1 : trouver le gag

 

Première chose et pas des moindres, il faut une idée. Et ça n'est pas tout d'avoir une bonne idée de gag, il faut avoir une idée adaptée (ou adaptable) au format qu'est la bande-dessinée.

 

Je suis habitué à écrire de courtes vidéos rythmée, et je pense avoir une certaine sensibilité graphique... mais bon sang qu'est-ce que c'est dur de scénariser une BD ! Pour écrire une planche il faut savoir raconter une histoire, avoir des gags en stock, savoir gérer le rythme et penser en même temps à ce que le tout soit visuel... J'ai trouvé ça beaucoup plus exigeant que ce que j'imaginais, d'autant que je suis fan de BD. Alors quand vos héros s'appellent Gotlib, Franquin ou Goscinny la comparaison peut être terrifiante. Mais on ne peut assurément pas sortir un chef-d'oeuvre dés son premier essai donc je me suis rapidement fait une raison : si je donne le meilleur c'est déjà pas mal, au moins je n'aurais pas de regrets !

 

Il faut déjà trouver le gag dans l'ensemble (comment aller d'un point A à un point B), puis élaborer toutes les subtilités intermédaires, les rebondissements et autres blagues. Il faut établir la façon d'agencer le tout et écrire le contenu des phylactères (les fameuses bulles).

 

Il faut savoir être synthétique, se passer du verbe quand le mouvement ou l'expression du visage suffit.

 

 

Étape 2 : scripter la planche

La première étape consiste donc à écrire un script de la planche. J'ai choisi de réaliser un script en deux parties : une partie texte et une partie dessinée. Le script est le document de travail partagé entre l'auteur et le dessinateur. On y retrouve
le découpage entre les scène, les dialogues, la description des décors et des notes d'intentions globales.

 

Plus on donne de détails, plus le travail du dessinateur est facilité, évidemment. Dans certains cas, je faisais également des petits dossiers complémentaires pour Loïc. Du travail de recherche pour la décoration, le look de certains personnages. Encore une fois, rien n'est laissé au hasard dans une BD : s'il y a un meuble, quel type de meuble dessiner ? Quelles photos mettre dans les cadres ? Quels vêtements accrocher au porte-manteau ? Et pour toutes ces choses là, dieu a inventé Google Image.

 

Voici un extrait du script de la planche #LE MUR

 

Le script

Le script

Comme je vous le disais la deuxième partie du script était un dessin global et simpliste de la planche, pour aider à la compréhension de la partie écrite. Voilà donc ce à quoi ressemblaient nos documents de travail (oui je dessine hyper bien je sais).

 

Le découpage de la scène

Le découpage de la scène

Étape 3 : le crayonné

 

Quand le dessinateur a reçu ces deux documents il peut enfin aller au charbon. À partir de ce moment le rôle de l'auteur devient essentiellement un rôle de consultant. On est là pour aiguiller le dessinateur, répondre à ses questions et lui faire des blagues pour pas qu'il ne déprime à passer des heures et des heures sur chaque case... car c'est extrêmement long de dessiner, plus encore que ce que vous pensez. J'ai toujours eu un grand respect pour les dessinateurs et cette aventure m'a conforté dans ce respect.

On commence par une première passe au crayon. C'est pour cela qu'on appelle la première version de la planche le crayonné. D'ailleurs on continue d'emploier ce terme, mais de nos jours la plupart des dessinateurs travaillent sur ordi avec une tablette graphique.
 

La version crayonnée

La version crayonnée

Étape 4 : l'encrage

 

Une fois le crayonné validé, on passe à la dernière étape de dessin : l'encrage. Ça porte assez bien son nom. On trace les traits définitifs sur la précédente version, pour rendre le travail plus propre, effacer les approximations. La technique traditionnelle consiste à utiliser de l'encre de chine et des porte-plumes. Pour des questions essentiellement pratiques (faute de temps) nous avons bosser sur ordi, mais le résultat reste à mon sens très artisanal et très humain.

 

On ne "sent" pas la "machine" dans le trait de Loïc comme on peut la sentir parfois chez certains dessinateurs. 

 

La version encrée

La version encrée

Une fois la planche encrée, elle peut-être envoyée à la colorisation. Et justement dans la troisième et dernière partie de ce reportage je vous parlerai de tout le travail sur la couleur et la typographie.

 

A très vite !

Partager cet article

Publié par PV NOVA - dans Coulisses
commenter cet article
26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:00

Joie juvénile et rêve de gosse : je viens de publier quelques planches de BD chez Dupuis dans le recueil Disquette, actuellement disponible dans toutes les bonnes crémeries.

 

Joie sans retenue et non dissimulée

Joie sans retenue et non dissimulée

Ma toute première bande-dessinée s'appelle #LULU, elle a été dessinée par Loïc Mathonnet et colorisée par Elvire de Cock, avec l'aide et les conseils des équipes de Dupuis. Vous trouverez dans le premier numéro de Disquettes trois planches et autant de gags désolpilants avec Lulu, batteur de 17 ans, ses amis Camille (le guitariste, qui me ressemble comme deux gouttes d'eau) et Alice (la bassiste chanteuse).

 

Trois petites planches et des mois de travail en équipe. Je savais que ça ne serait pas si simpler de scénariser une bande dessinée, mais je ne m'attendais pas à autant de travail... J'ai vécu une aventure passionnante que je voudrais vous raconter ici. Il y a tellement de choses à dire que j'ai décider de chapitrer tout ça, en espérant que les coulisses de la BD vous intéresseront. Alors c'est parti !

Making #Lulu - Partie 1

- PARTIE UNE : la génèse du projet et la création de l'univers -

 

 

Étape 1 : Naissance d'une équipe

 

C'est en septembre 2014 que j'ai entendu parlé du projet Disquette, qui constitait donc à confier l'écriture de plusieurs planches de BD à des auteurs venus du web. Dés que j'en ai entendu parlé j'ai voulu en être. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours adoré la bande-dessinée. J'ai grandi avec et je n'ai jamais décroché depuis. Je continue d'ailleurs a acheté de nombreux albums chaque année, developpant avec le temps une admiration et une quasi-fascination pour le travail des auteurs et des dessinateurs que sont (dans l'ordre à peu près chronologique de nos rencontre) : Hergé, Peyo, Morris, Franquin, Goscinny, Tome & Janry, Gotlib, Edika, Maester, F'Murrr, Jodorowski & Moebius, Manu Larcenet, Lewis Trondheim, Riad Sattouf ou encore Boulet (j'ai souligné mes trois préférés, les génies ultimes de la BD).

 

Après avoir recontré les équipe de Dupuis, et séduit par ce projet qui me donnait un cadre pour réaliser l'un de rêves, je me lançais dans une double quête : trouver un dessinateur et surtout trouver une bonne idée !

 

Mes recherches pour un dessinateur m'ont amenées à croiser la route de Loïc Mathonet, allias Lodji, jeune dessinateur belge recommandé par Boriau, l'auteur de Harlem sur la Route du Diable. C'est ainsi que je me suis retrouvé à écrire une nouvelle page de la grande aventure de la BD Franco-Belge. Nous sommes encore bien loin de nos illustres prédécesseurs, il faut le reconnaître, mais je trouvais ça amusant voire motivant !

 

 

Étape 2 : Créer un univers

 

Je ne voulais pas axer la BD autour de moi. Je voulais créer plusieurs personnages forts auxquels les jeunes et les moins jeunes pourraient d'identifier. J'en suis rapidement venu à m'interesser à des lycéens, un âge "entre-deux" avec des problématiques liées à l'amitié, la famille, les études, les amours et les passions. Naturellement j'ai voulu parler d'une bande de potes musiciens. La vie d'un groupe de musique fourmille d'anecdotes loufoques et j'ai l'impression que c'est un thème sous-exploité en bande-dessinée.

 

Il m'a fallu donc commencer par rédiger une "bible des personnages" avec leurs noms, leurs traits de caractères, leurs liens et leurs histoires. Une des parties du travail les plus intéressantes. On part du néant pour donner naissance à tout un petit monde avec pour chaque personnage ses qualités, ses défauts et ses enjeux. Il faut que le tout soit équilibré et surtout intéressant pour les lecteurs. J'imaginais donc Lulu, ses potes et ses familles, en m'inspirant de plein de gens que j'avais rencontré jusqu'alors, et un peu de moi (quand même).

 

Voici d'abord un extrait de la présentation de Lulu par lui-même.

Making #Lulu - Partie 1

Et un extrait des fiches personnages, un peu plus factuelles.

Making #Lulu - Partie 1

Vous remarquerez que ces documents, en plus de décrire les personnages, me permettent de travailler sur les éléments de langages de la BD et la façon de raconter les histoire.

 

Il est nécessaire d'élaborer des personnalités complexes et riches pour développer les histoires, mais il m'a semblé utile de dégager des tendances fortes et distinctes pour chacun. En seulement quelques planches il est difficile de comprendre la mécanique propre à chaque perso, donc je voulais qu'on puisse les "résumer" rapidement. Ça donne quelque chose commme :

 

- Lulu : sensible et attachant

- Camille : drôle et provoquant

- Alice : déterminée et indépendante

 

Petite parenthèse : je voulais avoir une touche de féminité dans le trio principal mais hors de question de tomber dans les archétypes des représentations féminines. Si bien que mon personnage féminin est peut-être le plus "couillu" de la bande ! Les rageux vont rager.

 

 

Étape 3 : Dessiner les personnages

 

Avant de commencer à crayonné des petits personnages, j'ai longtemps discuté avec Loïc de la façon de le représenter, du style de dessin qui correspondait le plus à nos attentes respectives. Loïc me proposait plusieurs croquis avec des variations stylistiques pour les personnages principaux et nous nous mettions rapidement d'accord sur la direction à suivre. Je lui suggérait au passage des tenues et accessoires pour chacun des personnages, car rien n'est laissé au hasard.

Making #Lulu - Partie 1
Making #Lulu - Partie 1Making #Lulu - Partie 1
Making #Lulu - Partie 1

Jolie boucle de ceinture n'est-ce pas ? Au final le personnage le plus difficile à représenter fut Alice, peut-être pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure. Et croyez le ou non mais pour sa coupe de cheveux on est allés piocher du côté de Miley Cyrus et Rihanna. Ça c'est de la référence !

 

Quoi qu'il en soit une fois qu'on avait tout ça on a pu s'atteler à rentrer dans le dur à savoir le contenu des planches. Je vous raconterais tout ça dans la deuxième partie de ce petit reportage.

 

A très vite !

Partager cet article

Publié par PV NOVA - dans Coulisses
commenter cet article
24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 08:32

10 millions de vues pour ma dernière collaboration avec Norman ! Wahou !

 

Vous êtes donc très nombreux à être des geeks à l'ancienne, des nostalgeeks comme on dit. Et au final ça fait plaisir ! Surtout que le projet était assez ambitieux et atypique. Retour sur ce projet à l'ancienne.

 

Quand j'ai rencontré Norman il se faisait appeler Cowboy. Il faisait déjà des vidéos, avec un certain Kiwi (Hugo, qui n'était pas encore "tout seul"). On était en 2008 avec avec notamment Monsieur Dream (allias Cyprien) on faisait partie des Motions Makers : les créateurs de vidéos sur Dailymotion. Et oui, c'est toujours bon de se rappeler qu'on a pas toujours été des YouTubers !


Bref depuis 7 ans maintenant je retrouve Norman sur différents projets, et là c'est clairement une de nos collaborations les plus abouties. Tout a commencé en 2014. Le 31 décembre 2014. Norman est venu vers moi avec un concept fort, et il avait déjà une idée précise de ce qu'il voulait.

Pour la direction musicale on a rapidement choisi de ne pas faire quelque chose de moderne, et au contraire d'accentuer le côté retro en choississant un style musical et une identité sonore caractéristique des années 50/60. Il fallait donner l'impression qu'on parle d'une époque révolue depuis de nombreuses années. La référence en la matière (un modèle pour nous deux) : Jacques Brel.

 

Il faut reconnaître que c'est quand même risqué de ne pas sortir un tube moderne et efficace sur YouTube en 2015. Mais je l'ai suivi sur ce coup là parce qu'il était sûr de lui, et parce que c'est quand même marrant de composer des morceaux "à l'ancienne". Il est arrivé avec un bout de mélodie, quelques accords à la guitare et les premiers couplets de la chanson. J'ai rajouté de nouveaux accords, de nouvelles phrases musicales et des idées d'arrangements. Pour la musique il m'a donné les clés de la maison mais j'ai toujours travaillé sous son contrôle, car Norman est un artiste déterminé qui sait ce qu'il veut, et c'est aussi un musicien, rappelons-le.

 

On s'est assez vite mis d'accord sur la composition, mais le travail sur la progression des arrangements et sur les détails du texte a été assez long car métiliculeux. C'est à ce niveau que ce situe la réussite d'un pari aussi fou. Il faut que ce soit ciselé, taillé fin comme de la dentelle. Il nous a quand même fallu plusieurs sessions de travail pour peaufiner tous ces détails, choisir les instruments, les notes et chaque mot pour qu'il se pose bien sur la musique. Un peu plus de deux mois de boulot, pas à temps plein evidemment, mais quand même.

Au final je ne regrette pas ces efforts, déjà parce que c'est agréable de bosser avec mon poto Nono, et surtout parce que le résultat est sympa à écouter et à regarder (même si là je n'y suis pas pour grand chose, si ce n'est que j'avais mis mon plus beau chapeau pour le tournage).

 

J'en profite pour saluer le travail de Noside à l'image, en collaboration avec Norman qui a  tenu à réaliser lui-même le clip. Comme à chaque fois avec eux c'est un résultat aux petits oignons, une image léchée... sans parler de la séquence finale qui envoie du petit paté !!!

 

Et puis ça a été l'occasion de bosser (au moins rapidement) avec Kamini, un petit plaisir car il a fait partie des pionniers de l'internet musical. C'est donc un peu une sorte de tonton pour moi !

 

Allez avant de vous quitter je vous laisse avec quelques photos de l'époque.

Retour sur "Internet de l'Époque"
Retour sur "Internet de l'Époque"Retour sur "Internet de l'Époque"
Retour sur "Internet de l'Époque"Retour sur "Internet de l'Époque"
Retour sur "Internet de l'Époque"Retour sur "Internet de l'Époque"Retour sur "Internet de l'Époque"

Partager cet article

Publié par PV NOVA
commenter cet article
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 07:00

C'est lundi, on passe faire un petit tour aux archives. Trois Expériences viennent le passer la barre symbolique du million de vues. Elles rejoignent le Zouk Dance (9), le Dark Heavy Trash Grind Core (10) et l'Electro Dance Club (13) au Hall of Fame des Expériences musicales.

 

Même si les vidéos sont assez vieilles, un million de vues c'est pas rien et ça fait toujours plaisir.
C'est aussi l'occasion de voir ou revoir ces vidéos. Parce que même moi je les avais un peu oublié, j'avoue. Ça m'a rappelé le temps où je filmais mes Expériences à l'Iphone 4 (avec un petit objectif fish eye posé dessus).

 

Bon visionnage et à très vite pour de nouvelles aventures !

Partager cet article

Publié par PV NOVA - dans Vidéo
commenter cet article
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 06:00

Bonjour tout le monde !

Voici une nouvelle Expérience musicale, plus de cinq mois après avoir publié la dernière, et surtout plus d'un an après avoir tourné ! Il me fallait du temps pour mes autres projets : Les Franglaises, le Comité des Reprises. Il fallait aussi que je retrouve l'envie et l'inspiration après 22 épisodes, déjà.

 

Justement ce petit break m'a permis de repenser au concept et je reviens maintenant avec l'intention de maintenir le cap et garder le rythme ! En revanche ne vous attendez pas à une nouvelle vidéo par mois, car il faut un sacré paquet de boulot pour faire une Expérience. Je vais vous raconter tout ça,

 

Mais d'abord, un petit visionnage s'impose.

D'abord il faut un idée. Pour ça il suffit de tendre l'oreille, et de se taper les divers TOPS en streaming et sur les chaînes musicales. C'est mon fardeau, et je fais ça pour vous. Soyez en conscient(e)s.

 

Souvent les tendances se dégagent naturellement, les morceaux commencent à se rassembler, les techniques des compositeurs commencent à se roder. Dans le cas des Expériences, c'est justement ça qui m'intéresse : les trucs et astuces, les recettes.Je pose une oreille sur le tout, j'essaie de comprendre les secrets de fabrication afin de les retranscrire...

 

L'écriture. Il faut être clair, concis et drôle en même temps. Deux parmi les trois, ça ne suffit pas. Du coup c'est dur, c'est long (comme ma batte) et je prends mon temps. Je n'écris pas tous les jours, ça dure plusieurs semaines. D'abord dans ma tête avec un stylo mental, puis sur papier avec un stylo bic, et enfin sur ordi avec un clavier de type "azerty" (le soucis du détail). L'ordi c'est bien pour la mise en forme du texte, mais je trouve qu'on écrit des textes bien meilleurs avec un stylo que sur un ordi. Il y a un aspect cérémonial, limite sacré à écrire dans un carnet. Ça motive sa race.

 

J'écris toujours beaucoup trop de texte, trop par rapport au montage final ; j'aime avoir de la matière et ne garder que ce qui rend le mieux à l'image et à l'oreille.

 

Il est fondamental d'écrire pour soi et surtout pour les autres. Il faut faire une vidéo que l'on a envie de voir ; penser au "soi spectateur" et lui raconter des trucs qui l'intéressent.

Fabrication de l'Expérience 23 - la Summer Minimale

La préparation du morceau. C'est un élément crucial évidemment, parce que c'est sur lui que repose tout mon expérience. Il faut que ce soit reconnaissable, donc forcément un peu cliché, mais il faut aussi que ça sonne bien. Le but c'est qu'à la fin on se dise "Eh mais le pire c'est que ça sonne pas mal". Même quand je me moque des styles, c'est avec amour. Même quand je fais du Zouk Dance, je m'investis à fond. C'est le YouTubisme Total. L'acte créatif est avant tout un acte d'amour, souviens t'en ami(e) internaute.

 

Bref. Pour les morceaux il n'est pas rare que je fasse plusieurs essais, des brouillons musicaux qui me permettent en parallèle d'avancer sur l'écriture. Pour cette expérience j'ai creusé trois pistes avec des mélodies et des textes différents. Les voici.

 

[Vous remarquerez que la batterie ne change pas de l'une à l'autre : c'est un des éléments que j'ai le plus vite identifié]

 

Tant que l'on est pas satisfait il faut recommencer. Quand on poste une vidéo sur internet, c'est pour qu'elle y reste longtemps, donc il ne faut jamais bacler son travail et se dire "bon je pourrai mieux faire mais j'ai pas le temps / j'ai la flemme / j'ai piscine." C'est mal.

 

Quand je tournais en rond j'ai demandé conseil au groupe Montmartre*. J'aime leur son et nous avons des amis en commun, donc naturellement quand j'ai pensé à ce projet je me suis dit que leur expertise serait la bienvenue. Le duo m'a été d'une grande aide pour retravailler certaines parties (le kick, la basse et les synthés, bande de petits curieux). Je commençais enfin à m'approcher de ce que je voulais : il ne me restait plus qu'à finaliser la compo et travailler sur le mix.

 

*si vous ne connaissez pas encore, foncez écouter leur musique ici !

 

Ensuite, il faut tourner la vidéo. Cette fois-ci j'étais seul (ça n'était pas le cas sur les trois dernière vidéo où j'avais pu bosser avec un cadreur-monteur). Heureusement ma petite caméra fait la mise au point toute seule comme une grande, et l'écran est amovible pour contrôler le cadre. Il faut avant tout mettre le studio en mode tournage : ranger, nettoyer et régler les lumières.

 

J'essaie d'anticiper au mieux les plans à tourner en fonction des costumes et des axes de caméras. Moteur, et action ! Il faut être souple par rapport au texte. Souvent on se rend compte que beaucoup de blagues écrites ne marchent pas une fois dites. Il vaut mieux garder du naturel et de la spontanéité en improvisant un peu. Ça fait pas de mal. Poil au... poil au... Oui enfin l'impro ça a quand même ses limites...

 

Fabrication de l'Expérience 23 - la Summer Minimale

Après le tournage, sortez les films du four et laissez reposer une petite semaine avant d'attaquer le montage. Un montage très dynamique, avec des "jump cuts" pour rythmer les phrases. Le montage c'est la gestion du rythme.

 

Il faut virer plein de trucs. En général quand je mets toutes les séquences bout à bout ça dure 6 à 8 minutes. Là j'étais sur un bon 8 minutes, pour une vidéo réduite à 5'35. On coupe, on dégage. Tout ce qui n'est pas drôle, concis et clair, c'est à la poubelle. Pour me débarasser des tous les temps morts, je monte "à l'oreille" : chaque rush commence exactement au moment où je commence à parler. Efficacité. Maximum.

 

Attention il ne faut pas confondre vitesse et dynamique. Ce n'est pas le tempo de la vidéo qui compte mais son évolution, ses variations. Il faut essayer de faire groover le montage.

Fabrication de l'Expérience 23 - la Summer Minimale

À ce moment débute la post-production. Tous les éléments visuels et sonores à incorporer : générique, titrages, textes, incrustations, graphisme, ambiance et effets sonores, etc. À chaque fois je me fais feinter parce qu'en fait c'est hyper looooong cette étape. En tout cas si l'on veut que ça rende bien. Pour la pochette du morceau - à la fin - je suis allé sur une banque d'image en ligne, j'ai tapé "belle femme été nostalgie" dans la barre de recherche et bim, ça a fait mouche, y avait des tas de photos par-fai-tes. J'en ai choisi une et j'ai payé les droits, parce qu'il faut respecter le droit d'auteur, hein ! Les musiques de fond, je les avais déjà composées. Je les garde car elles constituent l'identité sonore de mes vidéos.

 

Reste enfin à publier la vidéo, en espérant qu'un maximum de gens passeront un bon moment en la voyant. J'ai rapidement vu que beaucoup de gens réclamaient la chanson en mp3 ; vous pouvez la trouver en téléchargement gratuit sur mon Soundcloud (ou plus haut dans la playlist).

 

J'espère que vous avez aimé ce petit reportage. Si c'est le cas faites le moi savoir dans les commentaires, dites moi ce qui vous intéresse, et j'essaierai d'échanger plus souvent avec vous sur ce blog.

Pour les geeks de la technique, voici tous les outils et instruments qui m'ont servi à finaliser cette vidéo :

Tournage : Canon Legria Mini X // Montage : Final Cut Express 4 // Mixage : Logic Pro 9 // Micro : Brauner Phantom Classic // Beat : Maschine (Native Instruments), Ultrabeat (Apple) // Guitares : Lust For Life (Custom 77), ES LesPaul (Gibson) + Amplitube (IK Multimedia) // Ukulele tenor (Fender) // Synthés, claviers : MicroBrute SE (Arturia), Little Phatty II (Moog), SampleTank (IK Multimedia), ES 2 (Apple)

Partager cet article

4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 09:57

Petite sélection musicale du jour, et puisqu'on est lundi je vous mets des morceaux qui donnent la pêche ! En espérant que vous trouverez la motivation pour aller bosser ;)

 

Ambiance épique & funky :
On commence avec Bill Laurance, le clavier des Snarky Puppy qui vient de sortir un super deuxième album solo. Ce titre là est issu du premier album sorti en 2014, et si vous ne hochez pas la tête à 3'10 vous n'avez pas d'oreilles.

 

Ambiance militaire & electronique :

Jeanne Added est la gagnante du prix pro Adami-Deezer de Talent 2015. Ancienne chanteuse de jazz, elle viens de sortir un EP puissant qui colle aux tripes. On reconnait la patoune de Dan Levy (The Dø) à la production, et ça fait du bien par où ça passe !

Ambiance bayou & hip-hop :

Yelawolf est rappeur, originaire de l'Alabama, tatoué de la tête au pied. C'est donc forcément un type à part. Qu'on aime ou pas ça vaut le détour en tout cas !

A très vite pour de nouvelles aventures !

Partager cet article

Publié par PV NOVA - dans Musique
commenter cet article
2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 10:48

C'était il y 6 jours et l'on peine toujours à y croire !

Lundi 27 avril, à la 27ème cérémonie des Molières, notre spectacle Les Franglaises recevait le Molière 2015 du théâtre musical. La plus haute distinction du spectacle vivant, une reconnaissance de la part de l'ensemble des professionnels du milieu qui votent pour ce prix (comédiens, théâtres, medias, attachés culturels etc.)

 

On a du mal à y croire parce qu'on vient de tellement loin. Comme je vous le racontais il y a quelques semaines sur Facebook, ce projet étant né dans des soirées entre potes en banlieue, porté par des comédiens amateurs finalement devenu professionnels avec et pour ce spectacle. Nous avion commencé à jouer dans la rue, pour atterrir à Bobino en passant par l'Olympia et bien d'autres salles. 500 concerts en 6 ans c'est bien trop de lieux et d'aventures pour pouvoir les citer ici.

Les Franglaises : Retour sur un improbable Molière

Une récompense qui vient couronner 6 ans d'efforts collectifs sur ce spectacle : 16 personnes à temps plein, les équipes de production et les équipes des théâtres qui nous ont accueilli et qui continuent à nous accueillir. Trop de monde à remercier ici, mais nous l'avons fait en cours de chemin, à chaque étape et dans chaque ville.

Les Franglaises : Retour sur un improbable Molière

Une belle récompense certes, mais la plus belle récompense est de voir les salles pleines tous les soirs (comme c'est le cas à Bobino en ce moment) et les sourires à la fin du spectacle. Car le plus beau dans le spectacle vivant, c'est l'aspect "vivant" de la chose justement : les rencontres et les échanges que nous avons la chance de faire avec notre public en or !

Merci à vous de continuer à fréquenter les salles, de continuer à vous déplacer pour soutenir les artistes et faire vivre les projets qui vous tiennent à coeur. 

 

Si vous voulez venir à Bobino jusqu'au 22 mai, dépêchez-vous de prendre vos places, les dernières partent comme des petits pains tout chauds. A très bientôt sur les planches !

 

Suivez l'actualité des Franglaises sur Facebook.

Les Franglaises : Retour sur un improbable Molière

Partager cet article

Publié par PV NOVA - dans Les Franglaises
commenter cet article
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 13:27

Ça fait longtemps que SoKo roule sa bille dans le game de la musique avec sa voix rock et sa musique à fleur de peau. Un sacré personnage. Elle est venue nous rendre visite dans le bunker hyper secret du Comité des Reprises pour reprendre avec nous son titre "Ocean of Tears".

La version originale du titre est très rock. A l'américaine aussi. Faut savoir que la demoiselle habite à Los Angeles (et ouais, tu peux pas test).

Du coup on est parti sur un arrangement très différent, inspirée notamment de la musique de M.I.A. et dans lequel la voix de SoKo et ses mots continuent de garder tout leur sens. Enfin à nos yeux, parce que bon c'est subjectif tout ça, hein !

A très bientôt les ptits potes.

Partager cet article

14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 10:36
Mon spectacle Les Franglaises nommé aux Molières 2015

C'est improbable, c'est n'importe quoi.

Nous avons appris il y a quelques jours que notre spectacle Les Franglaises était nommé aux Molières 2015 dans la catégorie "Théâtre musical". Notre folle épopée continue, et l'on se demande jusqu'où elle ira quand on regarde le chemin parcourrus depuis nos débuts amateurs et les premières représentations du spectacle dans des bars et dans la rue.

 

Un signe révélateur : nous sommes le seul spectacle - parmi tous ceux nommés dans toutes les catégories - à avoir été écrit par la troupe qui l'interprète. Également le seul qui soit auto-mis en scène.

 

Nous y allons donc en out-sider et c'est beaucoup mieux comme ça ! Verdict le 27 avril.

Mon spectacle Les Franglaises nommé aux Molières 2015

Le spectacle est toujours à l'affiche à Bobino jusqu'au 22 mai, prolongations incluses. N'hésitez surtout pas à venir si ça n'est pas déjà fait. Ou à revenir, le cas échéant !

Partager cet article

Publié par PV NOVA
commenter cet article